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Interview de Jacques Aschenbroich, PDG de Valeo

Publié le 07 Janvier 2021 - Mis à jour le 07 Janvier 2021

Sécurité et environnement tracent la route pour l’automobile.

La supply chain de cette industrie a montré une résilience pendant la crise sanitaire, mais il est difficile de prévoir l’évolution du marché, excepté quelques tendances fortes, comme le souligne Jacques Aschenbroich, PDG de Valeo.

Comment Valeo a-t-il vécu la crise sanitaire ?

Dans une entreprise comme la nôtre, la maîtrise des risques est importante. Nous nous étions très bien préparés à la fermeture d’une usine, mais n’avions jamais imaginé arrêter et redémarrer 154 usines (et 88 000 personnes) en même temps. Un exercice d’autant plus compliqué que deux milliards de composants entraient dans nos 190 usines et huit millions de pièces en sortaient chaque jour. En outre, notre industrie fonctionne avec des stocks faibles (de 5 à 6 jours). Tout cela s’est heureusement passé sans incidents majeurs, grâce aux compétences des équipes et à des systèmes informatiques sophistiqués, en parfaite liaison avec nos clients et fournisseurs.

Autant la crise économique a surpris par son ampleur, autant la vigueur de la reprise était inattendue

Quel est l’impact de cette crise sur le marché automobile ?

Autant la crise économique a surpris par son ampleur,  autant la vigueur de la reprise était  inattendue. Il est actuellement très difficile de faire des prévisions sur l’évolution du marché automobile. Le besoin de mobilité demeure important, comme en France par exemple où 75% des actifs ont besoin d’une voiture pour aller travailler. En outre, une  forte réticence à prendre les transports en commun se manifeste partout dans le monde leur taux d’utilisation a reculé de 40% à Pékin, en région parisienne et à New York. Une tendance contrebalancée par le développement du télétravail qui réduit le besoin réel de mobilité. tout ce dont nous sommes sûrs aujourd’hui, c’est le besoin de sécurité et de réduction des émissions de co2.

Deux domaines dans lesquels vous investissez beaucoup ...

Notre chance est d’avoir fait ces choix il y a quelques années déjà. C’est le cas du
« Mild hybrid », une version améliorée du dispositif Stop & Start, permettant l’arrêt et le redémarrage automatiques du moteur, pour économiser le carburant et réduire la pollution. D’une centaine de millions d’euros il y a deux ans, nos ventes devraient atteindre 1,2 milliard en 2022, avec une part de marché actuelle de 45%. Grâce à la qualité de nos capteurs, nous avons aussi investi le marché de la sécurité, avec les technologies d’assistance à la conduite en milieu urbain. C’est un marché à fort potentiel de développement qui nous met en lien avec de très grands acteurs de la tech comme Google pour construire les voitures de demain (voitures autonomes, robots taxis).

Ingénieur du Corps des Mines, Jacques Aschenbroich a exercé plusieurs fonctions dans l’administration, puis au cabinet du Premier ministre en 1987 et 1988. Il a ensuite mené une carrière industrielle au sein du groupe Saint-Gobain de 1988 à 2008, notamment en tant que directeur général adjoint à partir de fin 2001. Il a rejoint Valeo comme directeur général en mars 2009 puis en devient le PDG en février 2016.

Article extrait de la lettre Gestion de fortune n°28 du mois d'octobre 2020