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Investissement

Le foncier rural anglais fait preuve de résilience

Publié le 11 Octobre 2019 - Mis à jour le 10 Août 2020

En dépit d’un contexte incertain lié au Brexit, ce marché continue de s’apprécier à la faveur de l’intérêt des investisseurs pour les actifs tangibles.

C’est un paradoxe pour le moins surprenant. Alors que les périodes d’incertitudes se traduisent généralement par une dépréciation de la valeur d’un actif, c’est le scénario inverse qui se joue actuellement pour le foncier rural de l’autre côté de la Manche. En effet, malgré le Brexit, le marché anglais des terres agricoles ne semble souffrir d’aucun signe de faiblesse. « Malgré l’augmentation de l’offre de terres agricoles sur le marché, leur prix moyen progresse de 2 % par rapport à 2017, pour atteindre 24 300 € par hectare (€/ha) », constate Benoît Léchenault, directeur d’Agrifrance, dans sa dernière étude. À ce niveau, la valeur du foncier rural est légèrement inférieure à la moyenne des cinq dernières années et du record d’un peu plus de 30 000 €/ha atteint en 2014-2015. Mais elle n’en demeure pas moins élevée puisqu’elle positionne le Royaume-Uni au troisième rang européen après les Pays-Bas (57 900 €/ha) et l’Allemagne (26 300 €/ha ), très loin des 6 270 €/ha affichés par la France.

Cette résilience du marché anglais tient à la bonne tenue générale des prix du foncier rural qui tendent à s’apprécier de façon continue. « C’est un marché de niche qui bénéficie structurellement, comme en France, d’une prime à la rareté et à la qualité, précise Benoît Léchenault. Par ailleurs, il est perçu par les investisseurs comme un actif tangible intéressant, notamment en termes de diversification et de transmission. » Dans ce contexte, ce marché profite depuis quelque temps d’un regain d’intérêt. Généralement convoitées par les agriculteurs locaux qui en sont les principaux acquéreurs, les terres agricoles outre-Manche suscitent dorénavant l’intérêt d’investisseurs privés, non-professionnels et institutionnels qui réalisent désormais 40 % des acquisitions et influent fortement depuis deux ans sur les prix du marché. « Cet intérêt est palpable, souligne le président d’Agrifrance. La preuve en est que notre étude nous a permis de découvrir que les champagnes Taittinger étaient devenus en 2015 les premiers producteurs français
à acquérir une soixantaine d’hectares de foncier dans le Kent pour y produire des vins effervescents anglais. »

La loi de Finances pour 2019 a relevé le seuil d’exonération des biens ruraux

Afin de favoriser les transmissions d’exploitations agricoles et viticoles, la loi de Finances pour 2019 a relevé le seuil d’exonération partielle des droits de donation ou de succession. Sous conditions, les biens ruraux (détenus directement ou indirectement par l’intermédiaire d’un groupement foncier agricole non-exploitant) qui font l’objet d’un bail d’une durée minimale de 18 ans (bail à long terme et bail cessible hors cadre familial) bénéficient d’un abattement de 75 % jusqu’à 300 000 € (contre 101 897 € auparavant) par héritier ou légataire et de 50 % au-delà.

 

Article issu de la lettre patrimoniale n°69 du mois de juillet 2019