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Placements retraite : l’impact de la loi PACTE

Publié le 18 Novembre 2019 - Mis à jour le 21 Juillet 2020

Plus lisible, plus rémunératrice, plus souple : avec l’entrée en vigueur de la loi PACTE, l’épargne-retraite subit de salutaires changements.
Le point avec Manuela Maccia, responsable produits et services de BNP Paribas Banque Privée.

 

Manuela Maccia, Responsable produits et services de BNP Paribas Banque Privée

Article issu de L’EXPRESS publié la semaine du 13 au 19 Novembre 2019.

Quels changements la loi PACTE occasionne-t-elle en matière de finances personnelles ?

L’objectif de cette loi (mieux orienter l’épargne vers le financement de long terme des entreprises) se traduit dans tous les types de placements. Le PEA (Plan d’épargne en actions) est assoupli. Pour le PEA PME-ETI, les plafonds passent de 75 000 € à 225 000 € (sous réserve que le cumul des versements sur un PEA classique et un PEA PME-ETI ne dépasse pas 225 000 €). En assurance vie, la transférabilité intra-compagnie
permettra le passage vers des contrats de nouvelle génération avec des univers d’investissements plus larges. Mais c’est surtout pour l’épargne-retraite que les changements sont les plus profonds et les plus intéressants.

Qu’en est-il de ces produits d’épargne-retraite (PER) ?

Le gouvernement a travaillé dans trois directions : lisibilité, liberté et diversification. Lisibilité via un cadre général qui offre à l’épargnant un choix entre des produits beaucoup moins hétérogènes qu’avant. Liberté, car l’épargne-retraite n’est plus ce produit « tunnel », bloqué pendant longtemps, et dont on ne sortait qu’en rente. L’épargne retraite reste un investissement de long terme, mais les options de portabilité et les cas de sortie anticipée la rendent plus adaptée à des carrières moins
linéaires qu’avant. Et le fait de pouvoir sortir en capital aussi est beaucoup plus attractif. Diversification, enfin : au lieu de la seule assurance vie (ou presque), les Plans d’épargne-retraite offrent désormais la possibilité d’investir aussi dans des comptes-titres. De plus, dans les deux enveloppes, les univers d’instruments financiers éligibles sont très larges.

En quoi l’investissement en PER change-t-il la donne ?

Dans l’épargne financière, nous vivons un vrai changement de paradigme. Les taux d’intérêt nuls, voire négatifs, font qu’il n’existe plus de placements à la fois rémunérateurs, disponibles et sans risque. Pour obtenir du rendement sur ses placements, l’épargnant doit donc accepter une certaine dose de risque assortie d’un horizon de placement plus long, soit exactement les caractéristiques des PER. C’est pour cela que cette loi PACTE arrive au bon moment.

Mais ce sont des investissements plus complexes à gérer…

C’est vrai, si on opte pour la gestion libre. Avec son éventail très large d’instruments (fonds en actions, immobilier, private equity…), ce mode de gestion est pensé pour une clientèle avertie et haut de gamme. Mais la plupart des épargnants opteront probablement pour la gestion pilotée. Là, le législateur a fait oeuvre de
pédagogie avec trois grilles de gestion pilotée aux seuils très clairs, qui imposent de faire évoluer le portefeuille d’actifs relativement risqués durant la phase d’accumulation vers d’autres beaucoup plus « désensibilisés » au risque quand on s’approche de la retraite.

Les nouveaux PER

Pendant encore un an, les anciens Plans d’épargne-retraite continueront d’être commercialisés, avant d’être remplacés par ceux institués par la loi PACTE (avec, d’ailleurs, d’intéressantes incitations fiscales pour basculer des uns aux autres). Quel PER remplace le vôtre ? Voici ce que vous devez retenir.